Paniers 2019

Philosophie

Notre philosophie globale

Nous prenons soin d’une terre de 40 acres: l’équivalent de la moitié du Parc Lafontaine à Montréal. Nous cultivons sur celle-ci quelques 12 acres. Lorsque nous en sommes devenus propriétaires en 2007, elle ressemblait à une grande prairie. L’ancien propriétaire se faisait un devoir de la faucher en entier à chaque année. Au fil des ans, notre terre s’est ensauvagée, là où nous ne tentions pas de la contrôler: des mûriers et framboisiers sauvages sont apparus, plusieurs centaines d’asclépiades (maisons de naissance des monarques), des pommiers, des vinaigriers, des saules, des bouleaux… Les deux étangs que nous avons creusés se sont naturellement peuplés de grenouilles vertes, de rainettes, de crapauds d’Amérique, de ouaouarons… Nous en entendons les concerts à chaque printemps. Une architecture paysagère s’est créée, mille fois plus inspirante que la plate prairie. Mille fois plus rassurante. Les oiseaux ont trouvé de quoi poser leurs nids. Nous avons fait le nôtre.

Avec les années, nous avons réalisé que la vie appelle la vie. Nous n’y sommes pour rien, si ce n’est de n’avoir rien empêché.

Cela n’a rien à voir avec les légumes, ou peut-être tout à voir…

Nous cultivons les légumes comme nous prenons soin du reste de notre terre : pour qu’il ait une suite, ce monde. Pour que s’y épanouissent encore nos enfants, nos petits-enfants, les vôtres et tous ceux qui suivront.

Notre philosophie quant aux paniers bio

Nous avons commencé à faire des paniers bio très tôt dans notre cheminement: dès la 2e année de production de la ferme. Il est apparu assez vite que c’était la seule manière de cultiver avec le plus grand respect de la nature et de survivre comme paysans dans ce système agroalimentaire dominé par les fermes industrielles. Les valeurs suivantes sont au cœur de notre vision de ce que sont les paniers bio:

Préservation des écosystèmes

L’agriculture occupe présentement 40% de la surface émergée de la planète. Selon la manière dont elle est pratiquée, elle peut participer au réchauffement climatique et à la perte de biodiversité (entraînant, à terme, la fin de l’espèce humaine), tout comme elle peut participer à conserver nos précieux écosystèmes et régénérer ceux qui ont été dégradés. Il va de soi que c’est de cette deuxième manière que nous nous employons à la pratiquer. Notre enthousiasme est total et constamment renouvelé.

Engagement

Votre engagement nous permet de cultiver des aliments de la manière la plus écologique qui soit. Pourquoi? Parce qu’en achetant d’avance une part de nos récoltes, en vous engageant ainsi, vous faites en sorte que le prix des aliments ne soit plus le seul critère qui prévaut à leur achat. Il est vrai que les aliments biologiques sont généralement plus chers que les aliments issus de l’agriculture chimique. Cultiver en respectant la nature coûte plus cher: plus de travail manuel (donc plus de main-d’œuvre); investissement dans les intercultures (culture de plantes qui ne seront pas vendues mais qui participent à régénérer les sols); diversification de la production (la diversification des plantes cultivées est favorable aux écosystèmes naturels, contrairement à la monoculture, mais entraîne une complexification de la production); etc. etc. L’agriculture chimique n’est pas tenue d’intégrer dans ses coûts ceux du désastre environnemental qu’elle génère. C’est une aberration dont nos enfants paieront le prix.

C’est donc seulement en étant assurés que notre production sera vendue que nous pouvons prendre le risque financier de cultiver des aliments sains qui seront forcément plus chers que ceux issus du marché mondial.

Liens humains

Nous aimons nos clients. Nous nous considérons chanceux d’avoir l’opportunité de les rencontrer, de les connaître, d’échanger avec eux. Sans ce lien direct, nous n’aurions pas le même plaisir à faire notre travail. Nous n’aurions pas la récompense qui vient au bout.

Le lien direct avec ceux que nous nourrissons rend aussi possible le partage de notre expérience et de nos connaissances. Et c’est seulement avec cette compréhension de la réalité agricole que le consommateur peut se mettre à tolérer certaines choses, au bénéfice de la nature (les tomates craquées, les petits trous dans la roquette…!) et à ne plus en tolérer d’autres, avec raison (les aliments cultivés chimiquement, les produits importés dont le mode de production cause la dégradation des conditions de vie des populations…). Dans les dernières décennies, nous avons assisté à un exode rural, avec des conséquences dramatiques sur l’organisation des campagnes, leurs paysages et la manière dont l’agriculture s’y pratique. Il nous fait plaisir de rebâtir des ponts entre la campagne et les gens des villes.

Proximité

Les légumes que nous retrouvons dans les supermarchés ont passé au minimum par 2 intermédiaires avant de se retrouver dans le panier du consommateur. La proximité fermier/consommateur qu’implique la formule des paniers bio permet une incroyable fraîcheur des aliments (souvent cueillis le jour même) et une réduction majeure des emballages. Elle permet aussi au fermier de choisir des cultivars reconnus pour leur saveur exceptionnelle plutôt que pour leur capacité à résister au transport sur des milliers de kilomètres!